XVIII. LA FOI
La foi est à l'origine de toute contemplation. S'il se glisse une erreur importante dans notre conception de la foi, nous ne serons jamais de véritables contemplatifs.
Tout d'abord, il faut bien comprendre que la foi n'est ni une émotion, ni un sentiment. Ce n'est pas un élan aveugle et inconscient qui nous pousse vers quelque chose de vaguement surnaturel. Ce
n'est pas simplement un besoin fondamental de l'esprit humain. Ce n'est pas le sentiment que Dieu existe. Ce n'est pas la conviction que l'on est, en quelque sorte, sauvé ou « justifié>>
uniquement parce qu'on en est persuadé. Ce n'est pas quelque chose d'entièrement intérieur et subjectif, sans rapport avec une cause extérieure. Ce n'est pas seulement une « force intérieure », ni
une chose qui jaillit du fond de notre âme pour nous remplir de l'« impression» vague que tout est pour le mieux, ou qui nous est tellement personnelle qu'elle est incommunicable. Ce n'est pas un
mythe impossible à partager et dont la valeur objective n'a d'intérêt ni pour Dieu, ni pour nous, ni pour qui que ce soit.Ce n'est pas davantage une opinion, ni une conviction fondée sur l'analyse
rationnelle. Ce n'est pas le résultat d'une démonstration scientifique. Nous croyons seulement ce qui n'est pas évident: autrement nous n'y croyons pas, ou pas de la même façon.
La foi est avant tout un consentement intellectuel. Elle améliore l'esprit et ne le détruit pas. Elle met l'intelligence en possession d'une Vérité que la
raison ne peut saisir par elle même. Elle nous fait connaître Dieu Tel qu'Il est en Lui même; la foi est le moyen d'arriver à un contact vivant avec un Dieu qui est vivant, et non avec un Principe
Premier abstrait, déduit par syllogismes de la création.Mais le consentement de la foi n'est pas fondé sur l'évidence intrinsèque d'un objet visible. L'acte de foi unit deux membres d'une
proposition qui n'ont aucun rapport entre eux selon notre expérience naturelle, bien que rien dans notre raison ne permette de juger ce rapport impossible. Les assertions qu'implique le
consentement de la foi sont simplement neutres vis àvis de la raison. Il n'y a aucune preuve naturelle de leur vérité ou de leur fausseté. Ce n'est pas une évidence intrinsèque qui nous les fait
accepter. Nous les acceptons comme des vérités révélées, le motif de notre adhésion étant l'autorité de Dieu qui les révèle.Nous ne devons pas attendre de la foi qu'elle satisfasse pleinement notre
intelligence. Elle la laisse suspendue dans l'obscurité, privée de la lumière qui lui est familière. Et cependant elle ne la déçoit pas, ne la renie pas, ne la détruit pas. La foi apaise
l'intelligence par une conviction qu'elle sait pouvoir accepter sans porter atteinte à la raison, sous la direction de l'amour. Car l'acte de foi est un acte par lequel l'intelligence se contente
de connaître Dieu en se soumettant à Lui par amour et en acceptant, dans les termes qui Lui conviennent, ce qu'Il nous révèle de Lui même. Or cette acceptation est parfaitement rationnelle, parce
qu'elle est fondée sur le fait que notre raison est incapable de nous faire connaître Dieu Tel qu'Il est réellement, et que Dieu est l'Infinie Réalité, par conséquent la Vérité, la Sagesse, la
Puissance et la Bonté Infinies, qu'Il peut Se révéler à nous comme Il le veut, et confirmer par des signes extérieurs cette Révélation de Lui même.
Nous avons dit que la foi est, avant tout, un consentement intellectuel. Mais si ce n'était rien de plus, si ce n'était qu'un « plaidoyer en faveur de l'invisible»,
elle serait bien incomplète. Elle doit être autre chose qu'un consentement de l'esprit. C'est aussi un contact et une communion de volontés.Par la foi, nous ne nous contentons pas d'accepter les
vérités révélées par Dieu, qui dépassent l'intelligence et la raison seules; nous acceptons Dieu Luimême. Nous Le recevons. Nous disons «oui » au Dieu Invisible et Infini, et pas seulement à un
exposé sur Lui. Nous acceptons pleinement cet exposé non seulement pour son contenu, mais pour Celui qui l'a fait.L'idée que nous avons de la foi est souvent falsifiée parce que nous
insistons trop sur les vérités qui sont l'objet de la foi, en oubliant qu'elle est, avant tout, une union avec la lumière et la vérité de Dieu.En fait, les vérités, les propositions que la foi
accepte sur l'autorité divine ne sont que des moyens d'atteindre la Vérité divine. La foi n'aboutit pas à une proposition, à une formule, mais à
Dieu.Si au lieu de nous reposer en Dieu par la foi, nous nous reposons simplement sur des formules, ne soyons pas étonnés que la foi ne nous conduise pas
à la contemplation,mais à des discussions subtiles, à des controverses, à desdoutes et finalement à la haine et aux divisions.Il est naturellement très bon que la théologie étudie lecontenu
intellectuel de la révélation, et surtout l'expressionverbale des vérités révélées par Dieu.Mais répétons que ce n'est pas l'objectif final de la foi,qui dépasse les mots et les formules pour nous
apporterla lumière même de Dieu.Les formules sont importantes non comme des fins, maiscomme des moyens par lesquels Dieu nous communique Sa vérité. Elles doivent être claires, comme des vitres
limpides qui n'obscurcissent pas la lumière et ne s'opposentpas à ce qu'elle parvienne jusqu'à nous. Elles ne doivent pas falsifier la vérité de Dieu. Aussi tout en nous efforçantde connaître les
véritables formules, ne devonsnous pasêtre tellement obsédés par la correction verbale que nousn'arrivions jamais, audelà des mots, jusqu'à l'ineffableréalité qu'ils s'efforcent de transmettre.La
foi n'est donc pas seulement la volonté opiniâtre denous attacher, quoi qu'il arrive, à certaines formules bien que nous devions être prêts à défendre nos croyancesjusqu'à la mort. C'est surtout
l'ouverture d'un oeil intérieur, l'oeil du coeur, afin qu'il soit inondé de la Lumière divine.
Enfin, la foi est l'unique clef qui permette de comprendre l'univers, la seule façon de trouver le sens de la vie humaine et les réponses aux questions d'où dépendent notre bonheur.
XIX. DE LA FOI A LA SAGESSE
Le Dieu vivant, Celui qui est Dieu et non une abstraction philosophique, dépasse infiniment la portée de notre vision ou de notre compréhension. Quelle que soit la perfection que nous lui
attribuons, nous devons ajouter que l'idée que nous nous en faisons n'est qu'une pâle analogie de la perfection qui est en Dieu, et que les termes que nous employons ne correspondent pas
littéralement à ce qu'Il est.Celui qui est la Lumière Infinie se manifeste de manière si formidable que nos esprits ne peuvent Le voir que comme ténèbres. Lux in tenebris lucet et tenebrae earn non
corn prehenderunt (La lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont pas comprise).
Puisque rien de ce que nous sommes capables de voir ne peut être Dieu, ou nous donner une image digne de Lui, nous devons donc, pour trouver Dieu, aller audelà du visible et pénétrer dans les
ténèbres. Puisque rien de ce que nous pouvons entendre n'est Dieu, nous devons, pour Le trouver, demeurer dans le silence.
Puisque nous ne pouvons imaginer Dieu, tout ce que notre imagination nous suggère à Son sujet est finalement fallacieux et par conséquent nous ne pouvons Le connaître tel qu'Il est à moins d'aller
audelà de tout ce qu'on peut imaginer et d'entrer dans une nuit sans images ni analogie avec le créé.
Et puisque nous ne pouvons ni voir ni imaginer Dieu, les visions que les saints ont eues sont moins des visions de Lui que des visions à Son sujet; car voir une forme ayant des limites précises
n'est pas Le voir.
Dieu ne peut être compris que par Lui même. Pour Le comprendre, il faut en quelque sorte nous transformer en Lui. Or ce n'est pas par une représentation de Lui qu'Il se connaît, mais par Son Etre
Infini Luimême; aussi ne Le connaîtrons nous comme Il se connaît que lorsque nous serons unis à ce qu'Il est.
La foi est la première étape de cette transformation, car c'est une connaissance sans image ni représentation, par une identification aimante dans les ténèbres avec le
Dieu vivant.Ce n'est pas seulement par les sens que la foi parvient jusqu'à l'intelligence, mais par une lumière directement infuse par Dieu. Comme cette lumière ne passe pas par la vue,
l'imagination ou la raison, sa certitude devient nôtre sans prendre contact avec le créé, sans ressembler à rien qui puisse être vu ou décrit. Certes, les termes des articles de foi que nous
acceptons représentent des choses qu'on peut imaginer, mais dans la mesure où nous le faisons nous les comprenons mal et pouvons nous tromper.Car enfin, nous ne pouvons imaginer le rapport qui
existe entre les deux termes de la proposition suivante: «En Dieu, il y a Trois Personnes et Une seule Nature.» Et tenter de le faire serait une grave erreur.Si nous croyons, si nous faisons un
acte de soumission tout simple à l'autorité de Dieu qui nous propose, par l'intermédiaire de Son Eglise, un article de foi, nous recevrons une lumière
intérieure si simple qu'elle défie toute description, et si pure qu'il serait grossier de la qualifier d'« expérience ». C'est une lumière véritable, qui donne à l'intelligence humaine une
perfection qui dépasse toute connaissance.
Certes, il faut se souvenir que la foi implique la croyance aux vérités proposées par l'Eglise. Mais n'insistons pas sur cet élément de soumission au point d'en
faire l'essentiel de la foi; comme si une obéissance froide, aveugle, obstinée, à l'autorité, suffisait à faire un « homme de foi ». Si nous exagérons
l'importance du rôle de la volonté, nous ne verrons plus la différence entre une foi intelligente et une simple soumission de la volonté, ce qui peut être très néfaste dans certains cas, car sans
cette lumière, cette illumination intérieure de l'esprit par la grâce qui nous fait accepter la vérité proposée de la main de Dieu et la comprendre à cause de Lui, l'esprit n'aura ni la paix
véritable, ni le soutien surnaturel qui lui est dû, et nous n'aurons pas une vraie foi. Si l'élément positif, la lumière, fait défaut, nous nous contraignons à supprimer nos doutes au lieu d'ouvrir
notre cour à une foi profonde.Pouvonsnous, dans ce cas, prétendre avoir reçu véritablement le don de foi intérieure? C'est une question très délicate, car il arrive souvent que malgré une foi
profonde, une adhésion sincère et aimante à Dieu et à Sa vérité, des difficultés puissent subsister dans l'imagination et l'intelligence.En un certain sens, nous pouvons dire que nous avons encore
des « doutes », si nous entendons par là, non que nous hésitons à accepter la doctrine révélée, mais que nous sentons la faiblesse et l'instabilité de notre esprit devant le terrible mystère divin.
Il s'agit moins là d'un doute objectif que d'un sentiment subjectif de notre impuissance, parfaitement compatible avec une véritable foi. En fait, plus notre foi grandit, plus nous sentons notre
impuissance, de sorte qu'un homme profondément croyant peut, en même temps, dans ce sens impropre, « douter » plus que jamais. Il ne s'agit nullement là de doute théologique, mais seulement d'un
sentiment très normal d'insécurité naturelle accompagné d'angoisse.L'obscurité même de la foi est une preuve de sa perfection. Elle est obscure pour nos esprits parce qu'elle dépasse infiniment
leur faiblesse. Plus la foi est parfaite, plus elle devient obscure. Plus nous approchons de Dieu, moins notre foi se dilue dans la demi lumière des images et des concepts créés. Notre certitude
croît avec cette obscurité, non sans angoisse ou sans doute, parce que nous ne vivons pas facilement dans un vide où nos facultés naturelles ne peuvent s'appuyer sur rien. Et c'est dans les plus
profondes ténèbres que nous possédons Dieu le plus pleinement, sur terre, parce que c'est alors que notre intelligence est véritablement libérée des faibles lumières créées qui, comparées à Lui, ne
sont que ténèbres; c'est alors que nous sommes remplis de Sa Lumière infinie qui semble ténèbres à notre raison.C'est dans cette foi parfaite que le Dieu Infini Lui même devient la Lumière de l'âme
plongée dans les ténèbres, et que Sa vérité prend entièrement possession d'elle. Alors, en cet instant indicible, la nuit la plus profonde devient le jour, et la foi se transforme en
compréhension.
De ce qui précède, il est évident que la foi n'est pas seulement un moment de notre vie spirituelle, ni un pas vers quelque chose d'autre. C'est une acceptation de Dieu qui est le climat même de
toute vie spirituelle. C'est le début de l'union, et à mesure que notre foi et notre union s'approfondissent, cette acceptation de Dieu devient de plus en plus intense, en même temps qu'elle
affecte tous nos actes et nos pensées. Je ne veux pas dire que dorénavant toutes nos pensées seront enveloppées dans de pieuses formules, mais plutôt que la foi ajoute une dimension de simplicité
et de profondeur à toutes nos perceptions et à toutes nos expériences.
Quelle est cette dimension de profondeur? C'est l'incorporation de l'inconnu et de l'inconscient dans notre vie quotidienne. La foi rassemble le connu et l'inconnu de sorte qu'ils s'imbriquent; ou,
plutôt, que nous sommes conscients de leur imbrication.
En fait, notre vie entière est un mystère dont notre compréhension consciente ne saisit qu'une petite partie. Mais lorsque nous acceptons seulement ce qui tombe sous notre raisonnement conscient,
notre vie se réduit à de pitoyables limites, même si nous ne nous en rendons pas compte. (Nous avons été élevés dans le préjugé absurde que nous ne comprenons et n'assimilons vraiment que ce que
nous pouvons formuler consciemment et rationnellement. Lorsque nous pouvons définir une chose, ou une de nos actions, nous nous imaginons que nous en saisissons pleinement le sens. En réalité cette
transformation d'une idée en mots très souvent ce n'est rien de plus tend à nous couper de la véritable expérience et à diminuer notre compréhension au lieu de l'augmenter.)La foi ne se contente
pas d'expliquer l'inconnu, de le munir d'une étiquette théologique et de le ranger en lieu sûr pour que nous n'ayons plus à nous en occuper; une telle conception serait tout à fait contraire à ce
qu'elle
est réellement. La foi mêle l'inconnu à notre vie quotidienne d'une manière vivante, dynamique et réelle. L'inconnu demeure l'inconnu. Le mystère reste entier. Le rôle de la foi n'est pas de
transformer le mystère en évidence claire et rationnelle, mais d'intégrer le connu et l'inconnu en un ensemble vivant qui nous permette de plus en plus de dépasser les limites de notre moi.Le rôle
de la foi ne consiste donc pas seulement à nous mettre en contact avec « l'autorité de Dieu)> et à nous enseigner les vérités révélées par Lui, mais encore à nous faire découvrir l'inconnu qui
est en nous, dans la mesure où notre moi inconnu vit en Dieu et agit sous la lumière de Sa grâce miséricordieuse.C'est, pour moi, l'aspect essentiellement important de la foi, trop souvent ignoré
de nos jours. Foi ne signifie pas seulement soumission, mais vie. Elle englobe la vie sous toutes ses formes, et pénètre dans les profondeurs les plus mystérieuses et les plus inaccessibles de
notre être spirituel inconscient et de Dieu dans son essence et son amour. La foi est donc le seul moyen de connaître la véritable réalité, même notre véritable réalité. Si l'homme ne s'abandonne à
Dieu par une foi totale, sa propre nature lui demeure fatalement étrangère, exilée, parce qu'il est séparé du fond le plus vrai de son être; celui qui demeure obscur et inconnu parce qu'il est trop
simple et trop profond pour être connu par la raison.
Voulez vous dire le subconscient? demanderezvous. Une distinction s'impose. Nous avons tendance à croire que nous avons un esprit conscient et un subconscient qui est au dessous du conscient, ce
qui peut induire en erreur. Le conscient est pressé de toutes parts par l'inconscient. Notre raison est entourée de ténèbres. Notre esprit conscient ne domine nullement notre être; il contrôle
seulement certains éléments qui lui sont inférieurs. Mais il peut à son tour être poussé par l'inconscient. Et comme il ne faut pas qu'il soit mené par quelque chose d'inférieur, il est important
de distinguer les éléments émotifs, instinctifs, et les éléments spirituels, « divins », pourrait-on dire, de cet esprit inconscient.
Or la foi intègre l'inconscient tout entier au reste de notre vie, mais elle opère de diverses manières. Les éléments inférieurs sont acceptés (et non simplement rationalisés) dans la mesure où ils
sont voulus par Dieu. La foi nous permet de transiger avec notre nature animale et d'essayer de la mener selon la Volonté de Dieu, c'est-à-dire selon l'amour, en même temps qu'elle soumet notre
raison aux forces spirituelles cachées qui sont audessus d'elle. Ce faisant, l'homme tout entier est sous la dépendance de l'inconnu qui le domine.Dans ce domaine du mystère se cache non seulement
la partie la plus élevée de l'être spirituel de l'homme (qui est, pour sa raison, une énigme absolue), mais encore la présence de Dieu.La foi permet à l'homme d'entrer en contact avec ce qu'il
possède de plus profond spirituellement, et avec Dieu. Selon la théologie traditionnelle, les Pères de l'Eglise grecque donnaient
trois noms à ces trois aspects de l'esprit humain. L'âme « animale »,
inconsciente et non raisonnable était l'anima ou psyche, domaine de l'automatisme où l'homme agit en organisme psychophysique. Cette anima est une sorte de principe féminin, ou passif, de
l'homme.Puis il y a la raison; le principe lucide conscient, actif; l'animus ou nous. L'esprit est ici principe masculin, l'intelligence qui commande, raisonne, guide notre activité avec prudence
et réflexion. Il gouverne le principe féminin, l'anima passive. L'anima est Eve, l'animus, Adam. Par suite du péché originel Eve tente Adam et sa pensée raisonnée cédant à ses impulsions aveugles,
il se laisse gouverner par l'automatisme des réactions passionnées, par les réflexes conditionnés plutôt que par les principes moraux.Cependant, l'homme n'est pas seulement composé d'une anima
gouvernée par l'animus, d'un principe masculin et d'un principe féminin. Il en est un plus élevé qui transcende les distinctions de masculin et de féminin,
d'actif et de passif, de réfléchi et d'instinctif. Ce principe plus élevé dans lequel se fondent les deux autres pour monter jusqu'à Dieu est le spiritus ou pneuma.
Ce n'est pas seulement un attribut de l'homme, c'est l'homme lui même, uni, vivifié, élevé au dessus de lui même et inspiré par Dieu. L'homme atteint là son
plein développement. L'homme n'est vraiment homme que lorsqu'il forme, avec Dieu, « un esprit ». L'homme est « esprit>' lorsqu'il est à la fois anima, animus et spiritus. Ces trois choses n'en
font d'ailleurs qu'une. Et lorsqu'elles sont parfaitement ordonnées dans leur unité, tout en gardant leurs qualités intrinsèques, l'homme est recréé à l'image
de la Sainte Trinité.
La « vie spirituelle » est donc la vie parfaitement équilibrée dans laquelle le corps, avec ses passions et ses instincts, l'intelligence avec sa raison et sa soumission aux principes et l'esprit
illuminé passivement par la lumière et l'amour de Dieu forment un homme qui est en Dieu, avec Dieu, de Dieu et pour Dieu. Un homme pour qui Dieu est tout. Un homme dans lequel Dieu fait, sans
obstacle, Sa propre Volonté.
Par jean
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Publié dans : Doctrine - spiritualité
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Lundi 18 juin 2007
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18
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/2007 12:11
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