« Revenez à moi de tout votre cœur, dans le jeûne, les larmes et le deuil » (Joël 2, 12).
Une fois encore le Seigneur nous invite à prendre la route vers à la maison du Père, la maison du Bonheur. Le temps du Carême est un « chemin d’authentique conversion à l’amour du
Christ », nous dit Benoît XVI dans son message. La conversion est un chemin où l’homme doit choisir de s’engager, on ne se converti pas malgré soi ! Cette dynamique de cheminement libre est le
fondement du Carême. « Je te propose la vie ou la mort, la bénédiction ou la malédiction. Choisis donc la vie, pour que toi et ta postérité vous viviez, aimant le Seigneur ton Dieu, écoutant
sa voix, t’attachant à lui ; car là est ta vie » (Dt 30, 19-20). Il s’agit donc de choisir la vie !
Le Carême n’est pas d’abord un temps de pénitence ou d’exploits ascétiques, il est fondamentalement un temps baptismal. C’était pour l’Eglise primitive le temps de préparation des catéchumènes qui
devaient recevoir le baptême en la Nuit très Sainte de Pâques. C’est pour nous, aujourd’hui, un temps pour reprendre pied dans la vie nouvelle à laquelle le Christ nous a rendu participant par le
mystère de sa mort et de sa résurrection.
« Revenez à moi » et « laissez-vous réconcilier avec Dieu » tel est l’appel que le Seigneur nous adresse aujourd’hui. Benoît XVI souligne que « la réponse que le Seigneur
désire ardemment de notre part est avant tout d’accueillir son amour et de se laisser attirer par lui ». Lorsqu’un homme part en voyage, il doit savoir où il va. Ainsi en est-il du Carême.
Avant tout, le Carême est un voyage spirituel et sa destination est Pâques. Dans le mystère pascal est manifesté en plénitude le don de la vie nouvelle que Dieu nous a fait. Cette vie nous a été
donnée au jour du baptême où, comme le dit saint Paul, « nous avons été ensevelis avec le Christ dans sa mort, afin que, comme le Christ est ressuscité des morts, nous vivions nous aussi dans
une vie nouvelle » (Rm 6, 4).
Ainsi le Carême est marqué par notre désir de vivre davantage, de nous libérer de tout ce qui nous empêche de vivre. C’est le sens de la pénitence et de la mortification chrétienne : renoncer,
avec l’aide de Dieu, aux chaînes de l’idolâtrie qui empêchent de vivre. « Ouvre-moi les portes de la pénitence, ô Toi qui donnes la Vie » (Tropaire de Carême de la liturgie orthodoxe).
Jésus insiste dans son enseignement sur la primauté de l’attitude de la personne plutôt que sur les actes. A quoi bon faire l’aumône si le but est de se faire voir des hommes, à quoi bon prier si
l’on se souci davantage du spectacle que de Celui à qui l’on s’adresse, à quoi bon jeûner si cela n’exprime pas une attitude du cœur devant Dieu… Tous ces « à quoi bon » ne sont pas un
rejet de l’ascèse mais un rappel de sa juste place dans la l’existence chrétienne.
L’Evangile dit d’abord ce que nous devons être avant de codifier ce que nous devons faire ! Avant de se demander quel effort de Carême mettre en œuvre, il faut se poser la question de sa
relation à Dieu. « Quand tu pries, retire-toi au fond de ta maison, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret » (Mt 6, 6). Là dans le secret du cœur, l’homme n’est
jamais seul. Au fond de notre cœur, il y a une Source où coule l’Eau et le Sang que le Christ a répandu pour tous les hommes. La Source peut être ensablée, voir recouverte de tous les immondices de
nos péchés, elle demeure pourtant là. L’amour de Dieu demeure à jamais… c’est cela qui fait souffrir l’homme pécheur qui refuse de se laisser aimer par Dieu. L’amour de Dieu ne passera jamais.
Dans la lumière de cet amour, nos efforts pour exprimer notre foi trouvent leur juste sens. La pénitence, la prière et le partage incarnent notre réponse à l’amour premier de Dieu.
« Convertissez-vous et croyez à l’Evangile », à la Bonne Nouvelle de la Vie offerte à tous dans le mystère pascal et renouvelée dans la célébration de l’Eucharistie. A partir de ce
mystère nous pourrons comprendre en vérité l’exigence de l’amour du prochain, un amour reçu de Dieu que nous devons « répandre autour de nous dans chaque geste et dans chaque parole »
(Benoît XVI).
Comme le Père miséricordieux, le Seigneur attend notre retour, il a soif que nous ayons soif de son amour. Si nous avons foi en cet amour nous verrons des merveilles… l’effort de notre conversion
c’est d’accueillir le Royaume de Dieu comme un enfant – comme celui qui se laisse surprendre par la force de la douceur de Dieu !
« Le Carême, écrit encore notre Pape, est pour chaque chrétien une expérience renouvelée de l’amour de Dieu qui se donne à nous dans le Christ, amour que chaque jour nous devons à notre tour
‘redonner’ au prochain, surtout à ceux qui souffrent le plus et sont dans le besoin. De cette façon seulement nous pourrons participer pleinement à la joie de Pâques ».
fr. Thierry Joseph Carmel de Montpellier
Par jean
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Publié dans : ANNEE LITURGIQUE
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Mercredi 17 février 2010
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